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| C'était il y a disons un an et demi. Avec un ami, on trainait nos chaussures d'étudiants feignants et procrastinateurs entre la FNAC et un magasin de jeux vidéos, dans le centre ville. Il me parle activement d'une série de RPG, qui marche bien, et qu'il faut absolument que je touche. J'ai une certaine tendresse pour le genre, et c'est heureux car s'il y en a un qui en mérite, c'est bien celui-ci. Et c'est comme ça que je me suis payé Mass Effect et Mass Effect 2 à 40€ les deux. C'était pas 40€ foutus en l'air.
Assez loin de moi l'idée de me plier à l'exercice de style qui consiste à tester les titres et à en livrer une copie aseptisée et accadémique. Je pensais davantage parler de cette série. Parce que ce que m'ont apporté ces trois jeux va au delà des considérations basses qui finissent par accoucher d'une notre à une décimale.
Le joueur, de par l'interaction qui existe entre le jeu et sa personne, est acteur et créateur. Le jeu est sa chose, son jouet. Il dispose de la liberté théorique d'en faire ce qu'il veut, quoi qu'il arrive, le jeu ne se fait pas sans lui, il n'y a pas de déroulement sans acteur. Et je pense que ça n'a jamais été aussi vrai que dans cette série (le coeur du coeur de cette série étant ce qu'il est, il m'est très difficile de considérer les jeux indépendament les uns des autres. D'ailleurs, jouer à un ne rime à rien si on ne joue pas aux autres, c'est donc la série qui m'intéresse ici). Bioware, les développeurs, n'en sont naturellement pas à leur coup d'essai et ont proposé de très grands jeux, à l'image des grands frères de Mass Effect, les Knights of the Old Republic. Mais Mass Effect est sans doute leur oeuvre la plus aboutie. Il s'agit déjà d'un grand défi, pondre ex nihilo un univers vaste et complexe, des races aux physiques et aux caractères marqués, de s'attacher à rendre le tout cohérent et crédible. La scène est montée. Puis, naturellement, il faut une histoire. Une histoire en trois actes, avec ses moments de bravoure, ses revirements, ses phases contemplatives et bien sûr, son chant du cygne. Mais que serait-ce sans son héros ? Un héros modelé par le joueur, tant physiquement que moralement. Un héros qu'après coup, on admire aussi, parce que s'il a été capable d'aller jusqu'au bout des choses suite à nos choix, n'est-il pas une sorte de modèle rêvé qui s'accorderait à notre personnalité, un exemple crée de nos propres mains ?
Dans la vie, il y a les paroles et les actes (et on en fait des émissions politiques). Dans Mass Effect, les uns sont aussi importants que les autres. La grande liberté de choix en matière de dialogues et la multitude de décisions moralement colorées que le joueur sera amené à prendre font tout le suc de l'expérience qui devient alors propre à chaque joueur. Cette importance conférée à la naration nous amène invariablement à s'intéresser à nos compagnons, qui, au delà de leur design franchement réussi, ont le bon goût d'être tous intéressants et d'avoir une épaisseur bienvenue, chose qui manque cruellement à l'univers du jeu vidéo de nos jours. Des affinités naissent donc tout naturellement, et extrêmement rapidement, un constat s'impose : leur sort nous importe.
Aussi, la perte de ces compagnons nous atteint alors qu'ils meurent, victimes des conséquences malheureuses de nos erreurs. Parce que sans eux l'aventure n'est plus la même, plus du tout la même. Nos choix, en plus d'être intéressants peuvent donc aussi devenir graves. C'est la pression qui pèse constamment sur les épaules du héros et du joueur alors qu'ils se débattent de concert, ballotés par les évènements et la nécéssité.
Le jeu est intelligent, mature et amène le joueur à s'impliquer émotionnellement. Une trinité qui relève du jamais vu, pour l'heure.
Chose suffisament rare pour être notée, c'est aussi une série qui a une fin. Un moment où tout est fait, où la mission est accomplie. Boucler la boucle était une excellente chose à faire. Parce que c'est en terminant la chose que le message et la portée du jeu deviennent tangibles. Maintenant, il est possible de dire que Mass Effect fût la plus grande épopée vidéoludique à ce jour. Oh bien sûr, elle n'était pas parfaite, mais qu'importe, car ce qui était important a toujours été sauvegardé, et c'est ce qui fait Mass Effect. Pas les phases en Mako, pas la composante RPG ou la customisation des armes, mais bien ce sentiment d'avoir fait quelque chose de grand et d'important. Quelque chose de personnel, presque d'intime. Quelque chose qui marque invariablement et dont on se souvient avec émotion.
C'est terminé, commandant Shepard. Mais c'était tellement plus que ce à quoi nous étions, nous, joueurs, préparés. Merci Shepard. Nous n'oublierons pas. | |
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| Amusant. Donc j'en ai regardé trois saisons, en version originale, naturellement, puisque ça n'arrivera jamais en France où des metrosexuels jugent le droit à l'image et la présomption d'innocence importante. En réalité, c'est un show tellement redneck qu'il n'y a même pas de sous-titres en français. J'avais au début envisagé d'en résumer les tenants et aboutissants avec force détails, puis finalement, c'était trop pénible, même de façon laconique, alors que l'actualité, oui toujours l'actualité, nous pousse de l'avant en piétinant sans ménagement les morts d'hier pour pleurer ceux d'aujourd'hui. Car aujourd'hui, est un triste jour. Quelque part, dans l'atmosphère ensoleillée de l'année 1986, le groupe anglais FM sortait son premier album : Indiscreet, qui s'ouvrait sur le vibrant et merveilleux "That Girl". Tube intemporel s'il en est qui très vite eut droit à son clip où la performance de Steve Overland est jetée tel un gant aux décennies à venir. "Faites mieux !" François-Xavier de Secret Story n'a pas fait mieux, malheureusement. Suicide, accident, stupidité ? Qu'importe ? 28.media.tumblr.com/tumblr_lghlumyBUS1qe11kdo1_500.png | |
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| Depuis le temps que je voulais me faire cette série...
Et je vous dirai ce que j'en pense. | |
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| Être un bon super vilain, c'est avant tout savoir faire les choses en temps et en heure.   | |
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| Quand il m'arrive de regarder la télévision, je me montre assez sélectif. Il est vrai que la majeure partie des programmes me sont soporifiques, laxatifs, ou un dangereux mélange des deux. C'est particulièrement désespérant de penser que ce qui nous est servi est le fait d'une demande de la population. Mais ce n'est pas le sujet.
Ce devait être sur France 5 (ouais, je balance). Une éminente écrivaine (oui, je regarde les émissions littéraires quand je tombe dessus), nous narrait avec passion sa vision de la littérature et son importance dans le monde qui est le notre. Cette écrivaine, dont je n'ai pas retenu le nom, nous disait combien la littérature pouvait rendre incroyablement heureux. Qu'un simple mot pouvait être un électrochoc qui donnait envie de vivre. Puis étaler ce bref constat assez boiteux pendant son intervention de quelques longues minutes.
Non madame. La lecture doit mener au delà du bonheur. Une sorte de satisfaction humaine, au sens propre, à savoir dans son humanité. Et quand je parle d'humanité, je ne parle pas de donner à manger à des africains malingres, non, je veux dire notre nature profonde. C'est une sorte de brève satiété peut-être bien métaphysique. Le bonheur, c'est se lever le matin, et se dire que ça suffit. Mais ça ne suffit pas. Vraiment pas. Madame, l'art plonge plus profondemment en l'être que ne pourra jamais le faire ce bonheur un peu cheap, formalisé et donc plutôt artificiel.
Ce que je veux dire, c'est que Kant, Hegel, Heidegger et même Nietzsche (qui considérait l'art comme "le grand stimulant") n'auraient jamais pu dire que "ça fait du bien".
Si ça se limite à ça, autant se branler, madame. | |
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